Jérôme Boissonade

Pour qui ? Pourquoi ? Comment ? Les “villes intelligentes” doivent-elles rendre les politiques urbaines “acceptables” ou “discutables” ?

in Desponds D. et Nappi-Choulet I., “Territoires intelligents” : un modèle si smart ?, Collection Villes et territoires, Editions de l’Aube, p.151-161, 2019

Une démarche d’“acceptabilité sociale” a essentiellement pour objectif de renforcer l’acceptation par un ou des publics d’une solution technique ou d’un choix d’aménagement, au mieux définis dans leurs grandes lignes, au pire déjà adoptés, auparavant par les porteurs de cette démarche. Les projets d’aménagement ont recours le plus souvent à ces dispositifs sociotechniques centrés sur une “participation raisonnable” de l’habitant-usager. Cependant, ces entreprises de “coercition mutuelle” semblent atteindre aujourd’hui leurs limites, dont la plus connue est le fameux “effet rebond”.
L’association des notions d’“acceptabilité sociale” et de “ville intelligente” a pour objectif de surmonter ces limites. Cependant, la “ville intelligente” augmente la question qui était posée initialement à l’“acceptabilité sociale”. Il ne s’agit plus seulement en effet, de savoir comment rendre acceptable la “ville intelligente”, comme on le dirait d’aménagements urbains ou territoriaux, mais aussi et surtout de voir dans quelle mesure les “villes intelligentes” conduisent à rendre gouvernable les espaces urbains. Des projets de “ville intelligente” pour qui ? Pourquoi ? Comment ? Doivent-ils conforter l’“acceptabilité” des politiques urbaines ou donner des prises pour les rendre “discutables” ?
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