Philippe Bonnin, Estelle Degouys, Clément-Noël Douady, Xi Wang

Morphocity

Créée en 2010, l’équipe pluridisciplinaire Morphocity réunit SHS (AUS-LAVUE) et sciences exactes (MSC- Paris 7) autour de la question de la modélisation de la morphogenèse du réseau viaire urbain, sous la direction de Philippe BONNIN et de Stéphane DOUADY (physicien).

Le projet initial (MoDevUr) a été retenu et contractualisé par le PIRVE du CNRS durant 2 ans.
Durant la période intermédiaire, les travaux sur des questions parallèles à ce projet ont reçu le soutien du BQR de P8 (Ph. BONNIN) et de la MSH-PN (C-N. DOUADY).
Arrivé à maturité, le projet est aujourd’hui sélectionné et contractualisé par l’ANR en 2012, pour une durée de 4 ans (projet MoNuMoVi).

L’équipe intègre dans ce projet 2 doctorants AUS : Estelle DEGOUYS et Xi WANG, ainsi qu’une doctorante MSC.

L’organisation du travail de l’équipe donne lieu à un séminaire interne, qui sera prochainement ouvert sur l’extérieur.

MoNuMoVi : Modélisation Numérique de la Morphogenèse Viaire

Le projet porte sur la construction d’un modèle numérique du développement du réseau des rues lors de la croissance urbaine.
La croissance urbaine est un sujet très complexe qui fait intervenir de nombreux facteurs (notamment humains), mais nous voulons l’aborder sous l’angle du réseau des rues. Les rues sont en effet des éléments stables, objectifs et visibles de l’organisation urbaine, qui reflètent sa structure et son fonctionnement particulier. Ce sont en grande partie les transports, et les rues en particulier, qui permettent les échanges tangibles dans la ville, et donc façonnent sa vie et sa croissance. L’idée sous-jacente de ce projet est que les rues ne sont pas seulement représentatives du fonctionnement (passé et actuel) de la ville, mais aussi qu’elles conditionnent pour une grande partie son développement futur.
Pour ce faire, nous voulons développer un modèle numérique embryonnaire, qui calcule les information essentielles (comme la distribution de l’espace) à partir des rues existantes, les emplacements probables ou possibles d’une nouvelle extension ou modification du réseau, et ainsi les nouvelles rues. Le but est de confronter ce modèle à la complexité d’une cité, des type de voisinages différents, des voies d’accès préexistantes, de la topographie, mais aussi des évènements de grande échelle comme la création de remparts ou d’autoroutes périphériques, ou la réorganisation interne.

Pour valider de manière significative les résultats de ce modèle, il nous faut simultanément pouvoir développer des analyses automatiques des structures de rues, à la fois au point de vue local, à celui du quartier, et à celui de la ville toute entière. Ces outils numériques devraient permettre de comparer quantitativement et dans le détail les résultats du modèle et les informations collectées sur le terrain, l’organisation fine des cartes historiques successives (digitalisées et rendues compatibles), ainsi que les Systèmes d’Information Géographiques actuels.

Nous souhaitons aussi étendre cette validation du modèle élaboré en soumettant les résultats de nos analyses aux acteurs sociaux eux-mêmes, aux urbanistes travaillant sur le terrain. Cela demandera le développement de méthodes de visualisation simples et intuitives, que les urbanistes pourront utiliser avec leur propre jeu de données, pour les présenter et discuter avec les décideurs et les citoyens. L’objectif sera donc de développer une boîte à outils numériques sur les logiciels de SIG standard, ce qui leur permettrait non seulement de calculer les caractéristiques de leur ville mais aussi de simuler l’effet —à longue portée et sur l’ensemble urbain parfois— de « petites » modifications, comme l’ajout ou la suppression d’une rue. Faire cela demandera aussi le développement d’un type de SIG particulier, car pour le moment ils n’incluent pas de données temporelles.Retour ligne manuel
Les simulations de développement du réseau des rues, comme image du développement urbain à long terme, pourraient aussi être utile aux planifications des décideurs, en leur indiquant les directions du développement naturel. Le création de ces outils numériques est également importante au vu de l’accélération actuelle de l’urbanisation au niveau mondial, et en particulier au regard des problèmes de développement durable sous-jacents.

L’équipe a, de plus, établit une coopération avec l’Université chinoise de Wuhan (C-N. DOUADY et Ph.BONNIN, enseignements et expertises) avec l’invitation de doctorants et l’obtention de bourses ; AUS accueille actuellement 2 doctorants de Wuhan.