Soutenance de la thèse en Anthropologie et Relations internationales de Matheus VIEGAS FERRARI - « Au nom des Jeux : une ethnographie multisituée de la fabrique olympique de Paris » -Université Paris 8 / Universidade Federal da Bahia (cotutelle internationale)
« Au nom des Jeux : une ethnographie multisituée de la fabrique olympique de Paris »
Thèse réalisée sous la direction d’Emmanuelle LALLEMENT (Université Paris 8) et de Victor COUTINHO LAGE (Universidade Federal da Bahia)
ÉCOLE DOCTORALE
École Doctorale Sciences sociales - ED 401, Université Paris 8
Laboratoire LAVUE UMR 7218
Programa de pós-graduação em Relações Internacionais da Universidade Federal da Bahia (PPGRI-UFBA)
JURY
• Michel AGIER - EHESS
• Claudia GIROLA - Université Paris Cité
• Maria GRAVARI-BARBAS - Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
• Heitor FRÚGOLI JR - Universidade de São Paulo
• Anne-Christine TRÉMON - EHESS
• Tommaso VITALE - Sciences Po Paris
Vendredi 17 avril 2026 à 14h00
RESUME
Cette thèse veille à comprendre, au travers d’une ethnographie multisituée dans Paris et sa banlieue proche, comment les Jeux olympiques et paralympiques Paris 2024 (JOP) articulent des prétentions globales et des reconfigurations locales dans la production d’une spatiotemporalité singulière. « Au nom des Jeux » tient ensemble deux opérations. D’abord, « parler au nom de » : institutions, élus, experts, comités, entreprises, bénévoles revendiquent une parole légitime sur ce que seraient « les Jeux olympiques et paralympiques Paris 2024 », leur héritage, leur nécessité. Ensuite, « agir au nom de » : au nom des Jeux, on modifie des circulations, on redéfinit des usages, on impose des protocoles, on hiérarchise des urgences, on transforme des espaces. La thèse suit précisément ce passage de la parole à l’acte dans le Paris pré-JOP. À mesure que l’enquête avance, « Paris 2024 » perd son statut d’échéance ou date butoir pour se présenter comme un récit de et pour la ville. Le « nom » met au même tempo des acteurs qui n’habitent pas les mêmes temporalités et ne partagent pas les mêmes priorités. Dans les scènes observées, l’événement se fabrique par ajustements successifs : il faut tenir un calendrier, rendre des comptes, sécuriser des parcours, tout en maintenant la promesse d’une ville ouverte et attractive. La thèse propose ainsi une anthropologie des villes globales attentive à ce qui se maintient « au nom de » : une position métropolitaine, un récit de modernité, une capacité de gouvernement par l’événement.
